22/10/2006
Nostalgie, vieilles pierres etc.
Mon oncle et ma tante sont retournés trois semaines au pays. Ce n'est pas loin, finalement, huit cent bornes. Je plains les jeunes de San Francisco qui partent étudier à Boston et vice-versa. Et encore. Eux, au moins, ils ont la mer.

Mon ancienne école, le prestigieux Lycée Français de Saint-Sébastien, symbole d'avant-gardisme puis de décadence. Qu'est-elle devenue, cette école où l'on se faisait une fierté de ne pas saluer Franco le matin au réveil, de ne pas porter d'uniforme, de ne pas penser uniformément, d'être libre, en un mot? Ce bastion de la pédagogie ? La démocratie a sonné le glas de la modernité. Parce qu'elles ne voulaient pas que leurs enfants soient souillés par le basque adopté par la plupart des écoles, fonds de commerce oblige, les familles les plus réacs -et les plus riches- y inscrivirent leurs enfants. Le Lycée Français a élevé des hommes libres. Des hommes libres et Maria San Gil. On peut pas toujours tout réussir. En refusant la langue basque, en devenant la dernière école de la ville sur une cinquantaine à en proscrire l'apprentissage au risque de compromettre l'avenir professionel des élèves, en étant dirigée par des incapables corrompus amoureux des cocktails diplomatiques et de la fainéantise, en pensant à elle avant de penser à eux, l'école s'est suicidée. Les dernières générations, cols claudines et souliers vernis, se plaisaient à boire bouteille sur bouteille dans l'internat du lycée public où la Destinée les envoyait. Décolletés plongeants et pantalons taille basse étaient devenus leur marque de fabrique. Mais j'ai grandi à Poudlard, j'ai dévalé des escaliers de pierre et glissé sur des parquets, déjeuné dans une chapelle (j'ai mis dix ans à comprendre pourquoi une partie de la salle était surélevée : c'était l'ancien autel), et ça vaut toutes les enfances du monde. On n'avait pas encore le jardin de la Légion d'Honneur, mais, ma foi, ça le valait.
Et voilà le Poudlard où je vais faire de la généalogie : les archives diocésaines, plus précisément le Séminaire de Saint-Sébastien dont 1/100e de l'espace est consacré à la conservation des archives diocésaines. Oui, diocésaines. En Espagne, l'Etat n'a pas encore fait main basse sur les registres d'avant la guerre d'Espagne, et la plupart des originaux pourissent chez d'obscurs curés de campagne qui font tout sauf en prendre soin, pourvu surtout que la mairie ne mette pas la main dessus. En Navarre, toute reproduction la plus petite soit-elle doit être réalisée moyennant salaire par les employés de l'évéché. Ils disent que la "propriété intellectuelle" des registres leur appartient. Je dirais, moi, qu'elle appartient au peuple. On me répondra que c'est ce même peuple qui a crâmé les archives de Paris en 70. On aura en partie raison. Mais les parisiens, c'est pas des gens normaux, tout le monde sait ça.
Le lycée est devenu une maison de retraite. Je crois qu'on a détruit le bel escalier pour y construire un ascenseur et qu'on a remplacé le vieux parquet vermoulu par du carrelage et du lino.
Allez, je retourne Rémusater, maintenant que je suis là...

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01/10/2006
Je vous écris dans le silence qui s'installe...
Alors voilà, disons le tout net : contre toute attente et malgré les apparences qui ne sont pas toujours trompeuses, nonobstant la possibilité d'une imposture notoire et considérant malgré tout que l'ensemble ne notre théorie relève de la pure conjecture : Dieu existe.
Pourquoi? Parce que j'ai eu mon année - a priori, le monde entier est au courant vu que je me suis empressée de m'en vanter, vous pensez bien - avec une mention bien que je n'avais pas espérée dans mes rêves les plus fous. Bon, c'est vrai que mes rêves les plus fous sont autrement moins pragmatiques, aussi, ça doit jouer.
Comme quoi, quand même, parfois, vie est un miracle. Je n'étais même pas sensée les passer, ces ratrappages, je me suis mis ça dans la tête je ne sais trop comment. Et comme ma capacité de travail est 1000 fois inférieure à celle d'un pianiste (hein Aurélien, "5 heures par jour, mais pour quoi faire?"), c'était mal barré, surtout avec ma manie de me désespérer une semaine quand je n'ai pas travaillé un jour.
Mais, comme le Kitten, qui est comme chacun sait un amateur de travail de nuit (ah, ces TPE bouclés le matin même, souvenirs souvenirs...), la Maiki a quelques points communs avec un nommé Calvin.

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