05/02/2007
Trouvé par hasard sur Amazon...
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01/02/2007
Willkommen Bienvenue Welcome
Gluklich zu sehen, je suis enchanté,
Happy to see you, bleibe, reste, stay.
Willkommen, bienvenue, welcome
Im Cabaret, au Cabaret, to Cabaret
La plupart d'entre vous connaissent ces mots, les premiers et parmi les plus connus de Cabaret.
Moi qui ai grandi avec une fille en porte jarretelles écartant les cuisses sur fond de croix gammée dans mon salon (oui on appelle ça l'affiche version Liza Minelli et je ne vous dis pas l'axe dans lequel on est quand on fait un mètre 20), je n'ai pas résisté à une petite soirée Kit Kat Klub. Enfin Kit Kat Klub, c'est vite dit : à plus de 80 euros en semaine, nous nous sommes contentés, ma mère - la grande fan qui met des posters dans son salon, donc - ma grand-mère - celle qui dit de moi "tu n'es pas qu'une intellectuelle" sous entendu tu aurais pu être une de ces grosses connes bouquineuses imbues de suffisance mais tu sais aussi débarasser la table - mon cousin -"le nègre"- et moi de place de seconde catégorie, au balcon.

Eh ben on a bien fait.
Je m'explique : toute une partie du spectacle se fait à deux mètres du sol. Et pas de bol, les ISFés du Kit Kat, ils étaient bien trop bas pour profiter de l'orchestre en porte jarretelles et autres descentes de beaux mâles. Non, plus sérieusement, je trouve qu'on a vraiment un meilleur aperçu du spectacle en hauteur au plus près du balcon, c'est à dire en première. Mais bon, on s'est bien éclatés quand même.
Je vous refais pas le topo, montée du nazisme, Sally Bowles et son écrivain fauché, les usages divers et variés de certain manteau de fourrure, tout ça.
Je sais pas qui joue Sally Bowles. En fait on s'en fout un peu, comme qui dirait, puisqu'elle est Sally Bowles, à fond les ballons qu'elle danse, qu'elle chante ou qu'elle parle. Alors ma foi, comment elle s'appelle, on s'en tap... ah, pas vous? Bon ben je va regarder alors.

Claire Pérot elle s'appelle. Même qu'elle a 24 ans.
Voilà.
ça vous fait une belle jambe, hein ?
Je vous l'avais bien dit que Sally Bowles tout seul, ça avait plus de gueule ! Et quelle voix! C'est pas tellement quand elle chante, ça on s'en fout un peu ("Mais c'est quoi qu'elle vient de dire comme connerie, qu'on se fout de la voix dans un musical?" oui, c'était pour voir si vous suiviez toujours), c'est quand elle parle. Une voix chaude, provoquante, sensuelle... énorme.

Un petit mot également pour Fabian Richard, le Emcee de service, excellent excellent excellent. Je ne sais pas s'il dit une seule réplique sans bouger d'au moins deux mètres. C'est pas un compliment dans l'absolu, mais là, c'est plutôt nécessaire. Je ne sais pas non plus s'il se drogue avant chaque représentation. Et ça pourrait l'être aussi.
Berlin, années 30, créativité et décadence, fourrure et faucherie, beauté crasse, Mein Kampf et ananas... tout un programme. Enfin le mieux c'est encore de juger sur pièces. Voici donc un petit extrait de Wilkommen et un autre de -ma préférée- Mein Herr.
Donc, Cabaret, version Musical, version French et version Folies Bergères.
Ben j'ai pas été déçue du tout.
Même que j'y retournerais bien.
Même si on se ferait bien un petit prozac à la sortie.
PS : oui, vous n'avez pas rêvé, je reviens.
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22/10/2006
Nostalgie, vieilles pierres etc.
Mon oncle et ma tante sont retournés trois semaines au pays. Ce n'est pas loin, finalement, huit cent bornes. Je plains les jeunes de San Francisco qui partent étudier à Boston et vice-versa. Et encore. Eux, au moins, ils ont la mer.

Mon ancienne école, le prestigieux Lycée Français de Saint-Sébastien, symbole d'avant-gardisme puis de décadence. Qu'est-elle devenue, cette école où l'on se faisait une fierté de ne pas saluer Franco le matin au réveil, de ne pas porter d'uniforme, de ne pas penser uniformément, d'être libre, en un mot? Ce bastion de la pédagogie ? La démocratie a sonné le glas de la modernité. Parce qu'elles ne voulaient pas que leurs enfants soient souillés par le basque adopté par la plupart des écoles, fonds de commerce oblige, les familles les plus réacs -et les plus riches- y inscrivirent leurs enfants. Le Lycée Français a élevé des hommes libres. Des hommes libres et Maria San Gil. On peut pas toujours tout réussir. En refusant la langue basque, en devenant la dernière école de la ville sur une cinquantaine à en proscrire l'apprentissage au risque de compromettre l'avenir professionel des élèves, en étant dirigée par des incapables corrompus amoureux des cocktails diplomatiques et de la fainéantise, en pensant à elle avant de penser à eux, l'école s'est suicidée. Les dernières générations, cols claudines et souliers vernis, se plaisaient à boire bouteille sur bouteille dans l'internat du lycée public où la Destinée les envoyait. Décolletés plongeants et pantalons taille basse étaient devenus leur marque de fabrique. Mais j'ai grandi à Poudlard, j'ai dévalé des escaliers de pierre et glissé sur des parquets, déjeuné dans une chapelle (j'ai mis dix ans à comprendre pourquoi une partie de la salle était surélevée : c'était l'ancien autel), et ça vaut toutes les enfances du monde. On n'avait pas encore le jardin de la Légion d'Honneur, mais, ma foi, ça le valait.
Et voilà le Poudlard où je vais faire de la généalogie : les archives diocésaines, plus précisément le Séminaire de Saint-Sébastien dont 1/100e de l'espace est consacré à la conservation des archives diocésaines. Oui, diocésaines. En Espagne, l'Etat n'a pas encore fait main basse sur les registres d'avant la guerre d'Espagne, et la plupart des originaux pourissent chez d'obscurs curés de campagne qui font tout sauf en prendre soin, pourvu surtout que la mairie ne mette pas la main dessus. En Navarre, toute reproduction la plus petite soit-elle doit être réalisée moyennant salaire par les employés de l'évéché. Ils disent que la "propriété intellectuelle" des registres leur appartient. Je dirais, moi, qu'elle appartient au peuple. On me répondra que c'est ce même peuple qui a crâmé les archives de Paris en 70. On aura en partie raison. Mais les parisiens, c'est pas des gens normaux, tout le monde sait ça.
Le lycée est devenu une maison de retraite. Je crois qu'on a détruit le bel escalier pour y construire un ascenseur et qu'on a remplacé le vieux parquet vermoulu par du carrelage et du lino.
Allez, je retourne Rémusater, maintenant que je suis là...

20:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01/10/2006
Je vous écris dans le silence qui s'installe...
Alors voilà, disons le tout net : contre toute attente et malgré les apparences qui ne sont pas toujours trompeuses, nonobstant la possibilité d'une imposture notoire et considérant malgré tout que l'ensemble ne notre théorie relève de la pure conjecture : Dieu existe.
Pourquoi? Parce que j'ai eu mon année - a priori, le monde entier est au courant vu que je me suis empressée de m'en vanter, vous pensez bien - avec une mention bien que je n'avais pas espérée dans mes rêves les plus fous. Bon, c'est vrai que mes rêves les plus fous sont autrement moins pragmatiques, aussi, ça doit jouer.
Comme quoi, quand même, parfois, vie est un miracle. Je n'étais même pas sensée les passer, ces ratrappages, je me suis mis ça dans la tête je ne sais trop comment. Et comme ma capacité de travail est 1000 fois inférieure à celle d'un pianiste (hein Aurélien, "5 heures par jour, mais pour quoi faire?"), c'était mal barré, surtout avec ma manie de me désespérer une semaine quand je n'ai pas travaillé un jour.
Mais, comme le Kitten, qui est comme chacun sait un amateur de travail de nuit (ah, ces TPE bouclés le matin même, souvenirs souvenirs...), la Maiki a quelques points communs avec un nommé Calvin.

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